Niépce correspondance et papiers
556 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS 312 Lettre (M.N.N.) 1 Saint-Loup-de-Varennes, 20 juin 1817. Nicéphore à Claude. S t . Loup, le 20 juin 1817. .Mon cher ami, .Nous avons eu le plaisir de recevoir ta lettre du 13 2 en réponse à mes deux dernieres, et si j’ai différé jusqu’à ce moment d’y répondre, c’est que nous reçumes par le même cou- rier, une lettre de Ternant qui nous mandait qu’il viendrait nous voir le 19 c’est-à-dire hier, pour conférer avec nous relativement aux propositions qui t’ont été faites par Curley. J’ai donc cru devoir attendre quelques jours de plus afin d’être à même de te donner connais- sance à la fois, et de cet entretien, et de celui que nous avons eu à ce sujet avec M r . de Varenne qui vint dîner avec nous le jour même où ta lettre du 13 nous fut remise ; car il venait de partir lorsqu’on nous l’apporta de la ville. Comme, d’après cette lettre, tu te proposes, mon cher ami, de t’adresser à M r . de Keynion à l’effet de porter et d’exploiter notre découverte en Angleterre, j’ai été doublement satisfait de la recevoir avant de m’expliquer avec Ternant qui a été exact au rendez-vous. Il parait que Chazan n’entrerait pas dans la société : ainsi nous aurions pour actionnaires ses deux frères et M r . de Varenne, dans le cas où le projet que tu as formé ne pourrait pas se réaliser. Nos chers cousins ignoraient que M r . de Varenne dût être de la partie, et voici en deux mots leur proposition : ils fourniraient cha- cun mille ecus* 3 pour la construction du bateau d’epreuve ; en cas de non-réussite ils seraient tenus de faire le sacrifice de cette mise de fonds ; et en cas de réussite, ils entreraient chacun pour un tiers dans les bénéfices. // Je n’ai rien répondu à cette proposition qui m’a paru, soit dit entre nous, passablement incongrue, et sur laquelle il sera bon de nous consul- ter si le cas y échet, avant de nous lier par un traité. Je me suis contenté de mettre un bâton à la roue en jettant en avant la proposition incidente de M r . de Varenne, et le voyage projetté pour Londres. Ce dernier coup de manchette parti de l’angle de la rue du Bac 4 , et qui est tombé précisément en pince 5 , m’a procuré le moyen de faire une trouée et de me tirer par là d’embarras. Enfin Ternant, d’après ceque je lui ai dit est convenu lui même, que si tu pou- vais, mon cher ami, te procurer de bonnes recommandations, le projet d’importer notre machine en Angleterre, serait cequ’il y aurait de plus avantageux pour nous. Nous sommes parfaitement là dessus de ton avis comme du sien, et c’est avec la plus vive impatience que nous attendons le résultat de ta d re . démarche auprès de M r . de Keynion qui parait te témoi- gner beaucoup d’intérèt. Quant à M r . de Varenne, il nous a dit que bien qu’il ne fût pas en fonds et qu’il eût lieu de craindre un déficit dans ses recettes, cependant, s’il connaissait les engagemens qu’il aurait à remplir vis à vis de nous, il se ferait un plaisir de concourir à une expérience dont nos talens lui faisaient augurer le succès. Tu vois par là, mon cher ami, que nous avons une pierre d’attente toute prête et que nous pourrons mettre en œuvre en cas de besoin, quand nous le voudrons. 1. Publ. in P.G.H.1. (p. 168). 2. Inconnue. 3. Trois mille francs. 4. Autrement dit, de Claude lui-même : l’ancien hôtel particulier où il logeait faisait l’angle entre la rue du Bac et la rue Saint-Dominique. 5. Juste au bon moment ou à pic (v. 277n). 1815 1824 1 8 De la seconde Restauration jusqu’à la naissance de la photographie
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