Niépce correspondance et papiers

N IEPCE 557 .Nous avons eu le plaisir de recevoir hier soir ta lettre du 16 1 contenant ta // réponse à M r . Progin 2 . Je suis bien reconnaissant, mon cher ami, du motif qui t’a porté à choisir ton cher neveu pour te réprésenter dans la cérémonie du baptême de la cloche. Si, comme je l’es- père, ce choix convient à M me . de Morteuil, à M r . le Curé et à la commune, nous en serons fort aises ma femme et moi. Je ne manquerai certainement pas de te mander de quelle maniere il aura été accueilli, et notre pasteur s’empressera sans doute aussi de t’en donner avis. Je crois comme toi, mon cher ami, qu’il n’y aurait pas pour nous d’inconvénient à employer M r . Chanot dans l’entreprise dont il t’a parlé entreprise qui ne laisserait pas d’être très productive si elle avait lieu, et si elle réussissait conformement à nos justes espérances. Tu as donc bien fait de le satisfaire à cet égard, et vu notre position, tu me parais avoir agi en cela très prudemment ; car il ne faut pas trop serrer la courroie à des gens qui tirent le diable par la queue 3 . Cependant, il sera toujours bon d’être très réservé avec cet ex-agent de M.M. de J.. et pour cause. Je suis fâché de la déconfiture de ces Messieurs ; mais je plains bien d’avantage encore l’honnête Monsieur de La Chabeaussiere auquel je te prie, mon cher ami, de faire agréer nos complimens de condoléance bien sincères. Le tems est toujours superbe, et la campagne est vraiment magnifique. On a fauché ton pré de l’Etang 4 qui a donné 5 chars de foin de bien meilleure qualité que celui de l’an passé. On compte faucher les prés sur la Saône les derniers jours de la semaine prochaine. On arrache à force les navettes et on ne tardera pas de moissonner les orges d’hiver. On dit que le prix du blé a baissé de 6 francs par mesure au dernier marché de Tournus. La récolte prochaine a si belle apparence qu’il est impossible que les grains se soutiennent désormais au prix où ils sont. Obligé d’aller rejoindre Ternant, je finis à la hâte et à regrèt, mon cher ami, en t’embrassant pour ma femme et pour moi aussi tendrement que nous t’aimons. Mille embrassemens de notre part, à notre cher Isidore que nous félicitons avec bien du plaisir, sur les progrès qu’il paraît faire dans la musique vocale 5 . Nos amitiés, je te prie à Antoine et Victor. Ternant me charge de te dire les choses les plus affectueuses de sa part : je ne dois pas oublier également toutes les personnes de ta connaissance, qui ne manquent jamais de nous demander de tes nouvelles. Nous allons envoyer à M r . le Curé la lettre que tu lui adrèsses et qui lui fera autant de plaisir que nous en avons éprouvé en la lisant. Tous nos gens te présentent leurs respectueux complimens. .Pyrame et Ténor continuent de se porter à merveille. à Monsieur, Monsieur Niépce aîné, chez M r . Barrat, ancien hôtel de Boulogne, rue du Bac, n°. 42. faubourg S t . Germain à Paris. .à Paris. 1. Inconnue. 2. V. 309. 3. Il y avait alors quinze mois que Chanot était sans emploi, ses suppliques à l’adresse du ministère de la Marine restant vaines (v. 269n). 4. V. 254n. 5. Rappelons que Nicéphore avait laissé Isidore libre de se perfectionner en musique (v. 284), l’engageant à prendre des leçons (v. 300). 312 1815 1824 1 8

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