Niépce correspondance et papiers

N IEPCE 93 dront se ranger sous ses drapeaux & consacrer leurs efforts à la défense de sa liberté ; qu’elle favorisera même, par tous les moyens qui sont en son pouvoir, leur établissement en France ; Délibérant sur la proposition formelle du roi, & après avoir décrété l’urgence, décrète la guerre contre le roi de Hongrie & de Bohême 1 . Mandons & ordonnons &c. Signé LOUIS. Et plus bas, Duranthon. Et scellées du sceau de l’état. 72 Brevet (Coll. J.N.). Inédit Paris, 10 mai 1792. Le Conseil exécutif provisoire nomme Joseph sous-lieutenant. 42 e . Régiment d’Inf rie . AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS Brevet de Sous-Lieutenant. DETAIL DES SERVICES CAMPAGNES, ACTIONS, BLESSURES POUR Joseph Niepce Barrault Né le 7. mars 1765. LE CONSEIL EXECUTIF PROVISOIRE, ETABLI EN VERTU DE LA LOI QUINZE AOUT 1. Lui étaient alliées la Prusse, la Hesse-Cassel et la Sardaigne. Faute de ministre plénipotentiaire et compte tenu de l’urgence, c’est Jean-Gervais Labène, en partance pour Ratisbonne (v. 68-70), qui se trouva tout naturellement désigné pour y porter la déclaration de guerre. A cet égard, il est intéressant de remarquer que Lacuée, qui l’avait aidé à entrer aux Affaires étrangères (v. 66), était alors vice-président de l’Assemblée. Trouvant partout une tension extrème, Jean-Gervais sera retenu plusieurs jours à Anspach (A.M.A.E. C.P. Allem.666 f° 107).Enfin, le 8 mai il pourra écrire à Dumouriez : « Me voici arrivé à Ratisbonne non sans peine. J’ai rencontré plusieurs obstacles sur ma route [...] ». En butte à l’hostilité générale, espérant trouver dans son caractère des qualités lui permettant de ne pas faillir à sa mission tout en se conciliant le respect, peut- être même l’estime,de ses ennemis (ib.),il saura faire preuve des « talents nécessaires pour devenir très utile à la République dans la carrière diplomatique » (A.M.A.E. Pers. vol. 40 doc. 7). Voici ce qu’il écrira, en l’an 4, à Delacroix, ministre des Affaires étrangères : « En 92, je fus nommé secrétaire de légation près la diète géné- rale de l’empire et chargé d’aller signifier à la diète la déclaration de guerre contre le roi de Bohême et de Hongrie par la France. Quoique la calomnie m’eût précédé à Ratisbonne ; cependant par ma conduite aussi mesurée qu’énergique je parvins à faire respecter mon caractère et à me concilier l’estime des ennemis de ma patrie. Lorsque le citoyen Caillard vint deux mois après pour me remplacer en qualité de ministre plé- nipotentiaire, il eut le plaisir d’apprendre qu’on n’avait trouvé en moi de répréhensible que mes opinions politiques et lui-même me donna bientôt après toutes les marques de la plus grande confiance » (ib.doc.4). En réalité, Labène ne se trouvera seul à Ratisbonne que pendant six semaines environ. Témoin de la fièvre indescriptible qui s’était emparée des esprits, dans la hantise générale des espions, c’est en chiffre qu’il cor- respondra avec le ministère. Caillard, qui partira de Paris le 27 mai, n’arrivera à bon port qu’après trois semaines d’un voyage mouvementé (v. App. XII § 1). Accompagnant le ministre, un autre secrétaire de léga- tion, âgé de vingt et un ans : Claude-Laurent-Marie Dodun. Dodun : nom cher aux amis de Brissot. C’est en effet chez Madame Dodun, la mère du jeune secrétaire, que se rassemblaient, « en petit comité » (selon le mot de Madame Roland), les Girondins, c’est chez elle que s’était constituée l’équipe ministérielle au pouvoir, chez elle, peut-être même, que Labène avait obtenu sa mission (v. App. XII § 3). Ce n’est qu’en septembre, à la veille de la bataille de Valmy, que Caillard et ses deux secrétaires reprendront le chemin de la France (v. 79). 71 1761 1792

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