Niépce correspondance et papiers
332 C ORRESPONDANCE ET PAPIERS 1804 181581 Du début de l’Empire jusqu’à la fin des Cent jours 221 Copie de lettre (A.S.R.) 1 Lyon, 17 février 1811. Poncet aux frères Niépce. A Monsieur Monsieur Nicéphore Niépce rue de l’Oratoire à Chalon sur Saone dep t . Saone et Loire. Monsieur et cher parent, Lors de notre derniere entrevue vous mavies promis de faire des éxperiences pour savoir si votre ingenieux agent 2 , pour faire marcher des bateaux, pouvoit etre appliqué en grand 3 . J’en ai souvent parle avec M le C te de Bondy notre prefet, chambellan de l’Empereur 4 , qui seul 5 comme moi toute l’importance d’une pareille decouverte. Nous avions pensé ensemble que si, comme on le presume, l’Empereur doit passer a Lyon au commencent de l’été, il seroit possible de l’executer sur un grand bateau ; et de faire voir à Sa Majesté sur la Saone une experience, qui sans doute atirerait son attention particuliere et ses bienfaits. Je vous propose de venir ici chez moi, nous louerons facilement un bateau de gran- deur convenable, des recipients en charpente doublées sil le faut en tole, produiront tout leffet desire, il ne serait pas besoin de machine pour reproduire le mouvement, deux hommes au plus suffiroient pour ouvrir et fermer les soupapes des ventilateurs, et faire agir le soufflet, cela éviteroit le mouvement des machines qui se détraquent 6 . Il faudroit je crois augmenter asses le recipient pour obtenir une une grande force, peut etre meme fau- droit-il deux recipients dont l’un agiroit pendant que lautre se renouvelleroit dair libre. Alors on pourroit obtenir 28 a 30 pulsations par minute 7 et par consequent une grande vitesse. Je crois que pour obtenir une force egale, votre moteur ne dépenseroit pas tant de charbon qu’une pompe a feu a beaucoup pres ; même quand il faudroït y meler un peu de poix resine 8 . Soyez sur quen cas du succes qui est tres présumable, cette machine sera presentée avec tout l’avantage possible ; meme quand l’Empereur ne passeroit pas aussitot ici quoiqu’il lait 1. De la main d’Isidore. Publ. in U (doc. 10). 2. La réaction directe (v. App. XV). 3. Propos qui tend à indiquer qu’à cette époque les frères Niépce n’étaient pas concentrés sur cette question. Si l’on en croit Isidore, son père et son oncle s’occupaient alors de mouvement perpétuel (v. 222n). 4. Pierre-Marie Taillepied, comte de Bondy (1766-1847). Chambellan de Napoléon I er depuis 1805, il avait été nommé préfet du Rhône le 7 août 1810. 5. Sic. Nous supposons qu’on lisait sent dans l’original. 6. Précision intéressante en ce qu’elle indique où se situaient les points faibles de la machine. 7. Ceci sous-entend que les Niépce étaient parvenus à imposer au pyréolophore un rythme de quatorze à quinze explosions par minute, soit toutes les quatre secondes dans le meilleur des cas. Ils en obtenaient entre douze et treize en 1806. 8. En 1807, le combustible destiné au pyréolophore consistait en « une poudre très inflammable », composée de houille et de résine, cette dernière à concurrence de 10 % (v. 210).
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